La teta asustada
 
 
 
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Le syndrome de la Teta asustada (littéralement la tété effrayée) n’est pas qu’affaire de cinéma. Au Pérou, après vingt ans de guerre civile, la légende veut que certaines femmes violées ou violentées aient transmis à leurs enfants leur frayeur en les allaitant. Ce mal fait que l’âme des nouveaux-nés se trouve enterrée pour éviter de revivre la terreur vécue par leur mère.

Ce film présente une belle métaphore du Pérou. Il montre le parcours ardu d’une femme qui se libère tranquillement du malheur inscrit dans sa chair. Le film propose aussi une réflexion sur l’écart qui peut exister entre la campagne et le monde andin et celui de la ville plus occidentalisée.

 
 
DESCRIPTION
 

LA TETA ASUSTADA s.t.f.
7 DÉCEMBRE 2009 à 19h30

DE Claudia Llosa, PÉROU. 2009. 93 min. AVEC Magaly Solier, Susi Sánchez, Efraín Solís, Marino Ballón
Prix Ours d'Or et Prix Fipresci (Prix de la critique internationale) au Festival international de Berlin 2009.
Deux prix remis dans le cadre du Festival du Nouveau Cinéma 2009: Prix Louve d'Or, meilleure interprétation, remis à l'actrice Magaly Solier et Prix de l'Association québécoise des critiques de cinéma dans la catégorie "meilleur film de la sélection internationale".


Fausta, très belle jeune femme péruvienne, est atteinte du syndrome de «La teta asustada», transmis par sa mère qui vient de mourir. L'oncle qui les héberge exige de Fausta qu'elle parte enterrer sa mère au village natal et finance les funérailles.

La jeune femme, introvertie et sauvage, devient employée de maison chez une célèbre concertiste, à qui elle va redonner l'inspiration en lui chantant des poèmes en quechua. Cette rencontre est pour Fausta un premier pas vers sa libération.

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À PROPOS DU FILM PAR DAVID LAMONTAGNE
 

Libération

La Teta asustada est tout d’abord une fable dramatique sur la mémoire d’un pays, le Pérou, un film aux accents de réalisme poétique, une approche esthétique fréquente dans le cinéma produit en Amérique du sud. Les thèmes sont très près de la culture métissée du continent et un regard est porté sur la mémoire du Pérou qui a vécu son lot de difficultés, particulièrement avec la période d’instabilité en lien avec les combattants maoïstes du sentier lumineux. On parcourt le film à travers le portrait d’un milieu rural pauvre où on découvre le racisme et les injustices commises à l’égard des communautés autochtones. Les dessous de l’histoire nous apparaissent bien politiques mais ils sont surtout culturels.

Le personnage de Fausta vit avec des superstitions qui l’empêchent d’évoluer et d’être heureuse. À l’origine du mal, il y a sa mère, récemment morte. Autour de ce microcosme familial, il y a le peuple qui tente d’exister et de survivre. Le film aurait pu raconter ces difficultés sur un mode narratif avec une propension à la description, il invite plutôt le spectateur dans une virée où les symboles et les rituels sont le moteur du récit. La présence de la mort et les cérémonies de mariage ont une place importante. L’importance de la terre nourricière et des chants pour la culture quechua est aussi marquée.

Outre ces éléments, qui en font déjà un film qui affiche son authenticité, on découvre une mise en scène maîtrisée, tout en retenue, où les effets flamboyants sont mis de côté pour laisser place à la présence de l’actrice principale et à la poésie des rites villageois. On reconnaîtra de fortes compositions visuelles, dans des plans plus souvent fixes, marquées par des textures (murs décrépis, tissus, nature) et des couleurs lumineuses qui chargent magnifiquement l’esthétique du film.

Enfin, cette oeuvre offre un regard de cinéaste féminin sensible et tout en finesse sur son pays, un pays qui a vécu son lot de difficultés et qu’elle semble vouloir libérer de la lourdeur de son passé. Au final, c’est un travail qui mérite le détour pour ses qualités esthétiques, la performance de l’actrice principale et l’expérience de découvrir une partie de l’esprit péruvien.

 
 
 
 
 
 
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