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Nous aurons le plaisir de recevoir pour la rencontre-causerie suivant la projection :
Roy Dupuis, comédien, cofondateur et président de la Fondation Rivières;
Site de la fondation:
www.fondationrivieres.org
Nicolas Boisclair, réalisateur, scénariste, recherchiste et écopédagogue;
Alexis de Gheldere, réalisateur, scénariste et directeur de la photographie. |
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28 février
Carlos
19h30
D' Olivier Assayas
AVEC Edgar Ramirez et Alexander Scheer |
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CHERCHER LE COURANT
LUNDI 14 FÉVRIER 2011 (Documentaire)
DE Nicolas Boisclair et Alexis de Gheldere
CANADA (QUÉBEC). 2010
Durée: 90 min. AVEC Roy Dupuis
« Si vous payez un compte d’électricité, vous devez voir ce film »
À l’été 2008, à un an du début d’un chantier hydroélectrique de 8 milliards de dollars prévu par Hydro-Québec, Alexis de Gheldere et Nicolas Boisclair décident de parcourir la rivière Romaine en canot avec deux environnementalistes... un «river trip» de 500 km qui les amènera de sa source au Labrador à son embouchure dans le golfe du Saint-Laurent. Cette aventure se déroule en parallèle à une autre quête impliquant à la fois Roy Dupuis et les deux aventuriers. Ensemble, ils partent explorer la manière de produire et de consommer de l’énergie dans le Québec du 21 e siècle. Les questions suscitées par l’expédition les amènent à consulter des experts et des gens de terrain qui nous révèlent d’étonnantes surprises.
Prix du public et Mention spéciale ÉcoCaméra aux Rencontres Internationales du
Documentaire de Montréal 2010.
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Harnachée
Il y a eu l’Erreur boréale (de Richard Desjardins et Robert Monderie) et Bacon, le film (de Hugo Latulippe). Il y a maintenant Chercher le courant de Nicolas Boisclair et Alexis de Gheldere. Seulement, en regardant le film et en se mettant en tête l’actualité, on a plutôt l’impression d’être devant l’inéluctable, le point de non-retour. On pourrait se dire que cette proposition documentaire est un geste courageux, posé par des gens informés et sensibles à l’environnement, mais qui arrive un peu tard pour renverser les prises de décisions. Contrairement aux deux premiers films mentionnés ci-haut, le projet hydro-électrique de la rivière Romaine est un projet précis qui ne peut plus se faire imposer de « moratoire ». C’est là tout le drame et le constat d’impuissance qu’on peut ressentir au visionnement de ce film. Si ce n’était du formidable et éloquent cri du cœur (et de la raison) lancé, on pourrait croire à un coup d’épée dans l’eau…
Pourtant, qu’importe ce qui adviendra de ce mégaprojet qui vise à harnacher, avec quatre barrages, une quatorzième rivière parmi les 16 plus importantes du Québec, le film aura au moins le mérite de dévoiler ce qui fait du Québec un lieu bien en retard en matière de production d’énergie. Les différents exemples présentés de pays européens démontrent que les énergies alternatives et renouvelables sont beaucoup plus développées là-bas. Il y a pourtant un potentiel immense au Québec à pouvoir développer, par exemple, l’énergie éolienne et l’énergie solaire. L’argumentation du film n’est pas qu’écologique et reliée au désastre environnemental, on y expose aussi une comparaison économique du coût de production au kilowattheure entre l’hydro-électricité et les autres types d’énergies. Le comble de la logique d’Hydro-Québec, qui souhaite offrir une bonne partie de cette énergie à des clients à l’extérieur de la province, est qu’elle devra la vendre à un coût inférieur au coût de production. Bref, c’est le contribuable québécois qui devra subventionner en partie l’électricité vendue aux Américains…
Le film ne révolutionne pas l’art du documentaire ni ne développe un style particulier, mais il a toutefois le mérite, et c’est ce qui est exigé avec un sujet semblable, d’être clair et de faire entendre un vaste éventail d’intervenants. Le point de départ, la descente en canot sur la rivière Romaine, est une charmante idée pour démontrer que le Québec fait fausse route en croyant s’enrichir avec cette énergie (qui risque d’ailleurs de ne pas être rentable) et que la richesse se trouve plutôt dans le territoire, dans la majesté de cette rivière, une des dernières grandes à ne pas avoir vu son écosystème déréglé. Toutes ces images font d’ailleurs du film quelque chose qui rappelle que dans notre société contemporaine où tout bouge parfois trop vite, où un nombre grandissant d’individus se trouve en quête de profits, il y a ces paysages magnifiques que l’on découvre et ces gens de plein air qui rappellent que le bonheur est parfois aussi, et le plus souvent, ailleurs. Par leurs différentes expériences, ces jeunes nous démontrent, par de beaux gestes, la possible simplicité de l’existence.
Ce n’est pas de faire dans l’angélisme que de souhaiter voir la société québécoise se transformer autrement. Il est vrai que l’énergie sera de plus en plus le nerf de la guerre en matière d’économie. Reste que, à nouveau, un documentaire permet de faire apparaître (et de convaincre), dans un temps relativement court, toutes ces informations cachées ou peu diffusées que le citoyen-spectateur n’était souvent pas à même de considérer, trop occupé à détourner son regard. Il faut maintenant souhaiter que l’appel résonne suffisamment pour qu’il puisse avoir un impact sur les décisions qui seront prises à l’avenir par notre société d’État.
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