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Déluré
La recette est simple et tout de même relevée : une caméra inventive et efficace, une brochette d’acteurs colorés et participatifs, un scénario aux arômes bien contemporains, des gags parfois effrontés et une bonne dose de rythmes musicaux d’antan. En bouche, c’est pétillant et chargé. Une bonne poutine hambourgeoise, sauce béarnaise (épices en provenance de la mer Égée). Je vous rassure, même si ça ne paye pas de mine, c’est très savoureux.
Ce film, un peu joufflu et décadent, peut paraître surprenant de la part d’un cinéaste aussi raffiné qui a offert des oeuvres comme Head on et De l’autre côté (vu au ciné-club, il y a 2 ans). Il y a pourtant, dans tous ses films, une même quête humaniste, culturelle et... d’amour. D’origine turque, le réalisateur allemand fait des films qu’on pourrait qualifier de passerelles. Tandis que De l’autre côté tentait d’établir des liens entre les civilisations européennes et celle du monde musulman (turque), Soul kitchen tente à nouveau le brassage des cultures, mais en ajoutant un pont communautariste où l’on présente des jeunes trentenaires issus de différents milieux de la ville d’Hambourg en Allemagne, qui tentent de résister à un monde qui voudrait les soumettre aux nouveaux dictats mondiaux. Il émane un parfum d’altermondialisme et de simplicité volontaire dans ce beau film. Il y a tout l’idéalisme et la sensibilité d’un groupe d’irréductibles qui doivent se débrouiller pour vivre avec le plus de décence possible. Solidarité, récit initiatique, relation amoureuse, tolérance, nouvelle économie, voici quelques sujets et thèmes abordés dans ce film.
Ce n’est pas pour rien qu’Ang Lee (Tigre et dragon, Brokeback mountain) a affirmé être jaloux de ce film en le récompensant du Prix du jury lors du dernier Festival du Film de Venise. La comédie se classe peu souvent parmi les favoris dans les choix des jurys. On pourra dire que ce choix est audacieux et, pour certains, indigeste. Soul Kitchen communique tout de même quelque chose de jouissif et c’est un film qui nourrit un tant soit peu... l’âme.
Pourquoi Soul Kitchen au Ciné-club?
Pour le plaisir d’observer un cinéaste, normalement introspectif et posé, se laisser aller dans un univers déjanté où les situations comiques, même si elles n’atteignent pas leurs cibles à tout coup, permettent de prendre position et d’insuffler un peu de lucidité par la comédie. Pour les personnages caricaturaux qui sont plus fous les uns que les autres. Enfin, c’est une comédie qui va au-delà du gag trop facile et limité à sa seule fonction de faire rire. C’est une oeuvre qui permet de se défouler un peu et ça fait du bien. Et puis… pour le générique d’ouverture!
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450.667.2040
www.cineclubdelaval.com |
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Admission générale: 6.50$
Étudiant: 5.00$
Ciné-carte: 32.00$
(taxes, frais de service et de stationnement inclus). La Ciné-carte donne accès à 8 entrées individuelles ou à 4 entrées doubles. La carte expire un an après la date d’achat. |
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