L’ensemble
Mary et Max sont deux personnages solitaires. Pourtant, chacun à leur bout de la planète, on les a entourés d’une multitude de petits personnages ou d’objets qui viennent combler leur imaginaire (et le nôtre) pour remplir leur quotidien. La rencontre inopinée qui se produira entre eux, séparés par des milliers de kilomètres, fera naître une des plus belles histoires d’amitié vécues au cinéma depuis longtemps.
L’ensemble est une belle réflexion sur l’amour et l’acceptation de l’autre dans sa différence. À une époque d’uniformisation, de convergence et de communication électronique, le film résonne bien. C’est une belle parabole contemporaine, doublée d’une démonstration que le cinéma d’animation ne se conjugue pas seulement en termes d’innovations 3D…
De prime abord, le film se présente dans des tons un peu tristes, gris pour l’univers de Max à New York et brun pour celui de Mary en Australie, qui viennent épouser les états d’âme des personnages. Cela peut paraître un peu lourd au départ, mais le réalisateur est venu ajouter quelques traces de couleurs (souvent le rouge) révélatrices pour illuminer les tableaux avec drôlerie et sensibilité. Sans aucun doute, les atmosphères sont très mélancoliques et attirent le spectateur dans de magnifiques espaces de poésie.
S’il y a bien une chose remarquable dans cette œuvre, c’est dans ses détails, où l’on observe quelques élans de génie. Comme le cinéaste a choisi la technique de l’animation image par image (stop motion), qui consiste à animer différents personnages et accessoires modelés dans différents matériaux, la création minutieuse des objets intégrés au récit donne un fort pouvoir d’évocation pour exprimer les traits de caractères des personnages. Le film a beau se dérouler dans une certaine lenteur, nous sommes sans cesse captivés par ces petits détails qui donnent à l’ensemble une valeur significative importante.
Il est à se demander ce que cette œuvre aurait pu donner si elle avait été conçue avec de vrais acteurs. L’univers du récit le permet pourtant. Curieusement, même si je suis convaincu que les procédés cinématographiques réussissent à tirer une larme au spectateur, il y a ici quelque chose de plus qui vient émouvoir : des sentiments qui, transposés à travers la psychologie de personnages animés, donnent un regard juste et coloré sur la condition humaine.
La noirceur n’a jamais paru aussi éclairante, douce et en beauté.
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