|
 |
 |
|
 |
| |
| |
 |
| |
|
| |
 |
| |
CLIQUEZ ICI ET COUREZ LA CHANCE DE GAGNER UN DES 5 LAISSEZ-PASSER POUR 5 FILMS À L'AFFICHE DE LA PROGRAMMATION D'HIVER 2010!
Date du tirage: 1er octobre 2010
|
| |
|
|
  |
| |
LES AMOURS IMAGINAIRES
LUNDI 4 OCTOBRE (Comédie / G)
DE Xavier Dolan
CANADA (QUÉBEC). 2010. Durée : 95 min. AVEC Xavier Dolan, Niels Schneider, Monia Chokri, Anne Dorval et Patricia Tulasne.
Lors d’un souper, Francis et Marie, amis dans la jeune vingtaine, ont tous deux le coup de foudre pour Nicolas. De rendez-vous en rendez-vous, la tension monte et, bientôt, chacun interprète de manière obsessionnelle les comportements ambigus et destructeurs de l’objet de leur désir. Les deux amis vont bientôt se livrer à un duel malsain pour conquérir Nicolas et leur rivalité amoureuse en vient à mettre en péril leur amitié.
Sélection du Festival de Cannes 2010 dans la catégorie Un Certain Regard.
|
|
|
|
 |
|
 |
|
 |
 |
|
 |
| |
  |
| |
L'ensemble
Et de deux (films) en deux ans pour Xavier Dolan, 21 ans. C’est important de le rappeler. Il est audacieux, il fait son cinéma sans concession, en prenant des risques et il est surtout, pour ce milieu, très jeune. Après le succès populaire, critique et d’estime de J’ai tué ma mère, tous l’attendaient le sourire en coin pour son deuxième film. Parce qu’il faut aussi rappeler que dans l’univers du cinéma, on a fait ses preuves ou on est vraiment bon seulement avec le film suivant. Il ne serait pas surprenant que Xavier Dolan ait fait fi de ce jugement anticipé et qu’il ait abordé le film tête baissée. Avec raison.
Pour cela, Les Amours imaginaires est sans conteste un film vert avec sa part de maladresse, mais il n’est pas sans de nombreuses qualités qui en font tout de même un film mature. La première, elle est majeure, c’est de faire un film québécois qui ne rappelle pas l’esthétique télévisuelle ou ses tics de scénario, ce qui n’est pas peu dire par les temps qui courent. Ensuite, c’est un cinéaste qui n’a pas peur de parler avec franchise de ce qu’il vit, ce qu’il est, de parler de son époque, même si c’est parfois frivole et même que le «sujet» est vite évacué au profit des effets. Encore une fois, le thème de l’homosexualité ne tombe pas dans les sempiternels clichés et rarement il a été traité de façon aussi personnelle, amusante et colorée au Québec. Bref, le jeune homme maîtrise son art et son objet.
Ça fait du bien aussi de voir un gars de vingt ans s’exprimer en démontrant que ses références et sa culture peuvent être littéraires et sa connaissance du cinéma pas seulement tarantinesque… (même si parfois la musique…). Dès le début du film Woody Allen est cité, la manière Wong Kar Wai (les ralentis et la musique envoûtante) est de retour, Aldmodovar transparaît pour les couleurs parfois criardes, mais surtout, il inscrit son film dans une tendance du cinéma jeune à l’esprit français. On pense au cinéma de Christophe Honoré ou Philippe Garel (d’ailleurs c’est le fils de ce dernier qui apparaît à la fin du film). Le climat d’une oeuvre comme Dreamers de Benardo Bertolucci, qui mettait aussi en scène un triangle amoureux, a probablement aussi à voir avec Les Amours imaginaires. Même si ces emprunts peuvent paraître un peu agaçants, on ne peut nier que Xavier Dolan est tout simplement en phase avec son époque, celle du recyclage artistique. Et, il le fait bien.
Au final, c’est un film léger certes, mais la brise fait du bien. Il y a tout ce qu’il faut pour rappeler que le cinéma c’est aussi ça : une approche esthétique qui nous permet d’observer le plaisir qu’un cinéaste a à filmer. Si le phénomène Dolan peut permettre à une frange de spectateurs de son âge de s’ouvrir sur un cinéma moins gadget, déjà le film aura fait son oeuvre. De même que, si on souhaite que le Québec existe à travers son cinéma à l’étranger, il faudra envisager que c’est beaucoup par le style et des sujets moins «cuisine» qu’il pourra être reconnu. Xavier Dolan a fait deux films en deux ans et tous deux se sont retrouvés sur la Croisette à Cannes. Il y a peut-être un petit côté wonder boy à tout cela, mais ce n’est pas que de la paillette.
Le film a été fait avec 600 000 dollars, (des pinottes) et réalisé, coûte que coûte. Xavier Dolan n’est pas un génie, ni une étoile filante. Il est déterminé, sûr de ses moyens, il fait plaisir à regarder aller. Il fait maintenant partie du paysage. À suivre.
Pourquoi Les amours imaginaires au Ciné-club?
Parce que... à l’ère du cinéma formaté, c’est peut-être une production représentative de ce que sera l’avenir au cinéma : des créateurs avec un regard particulier et un sens de la débrouillardise pour que l’objet soit vu.
Parce que... c’est jeune et frais (branché pour certains).
Parce que... on l’a déjà dit, juste le sujet de l’homosexualité traité de manière sincère et astucieuse ouvrira peut-être les yeux d’un public parfois un peu coincé.
Pour... la poésie et l’humour
Pour... le cinéma
|
|
|
 |
|
 |
|
 |
|
 |
|
 |
|
|