Le Concert, c’est quand le cinéma populaire rencontre de grands sujets et de grands thèmes. C’est lorsque le film tire vers le haut, rejoint tous les publics et offre plusieurs
moments de cinéma fort réjouissants. Un film qui fait se sentir bien à la sortie. Pourtant, à la lecture du synopsis, on pourrait s’attendre à quelque chose de lourd. Un peu comme pour
l’holocauste (que Radu Mihaileanu a déjà traité au cinéma dans Train de vie), le sujet du régime soviétique revient constamment sur nos écrans et, ces derniers temps, souvent sur le
mode de la comédie (Goodbye Lenin, Made in Hungária). Le cinéaste du film Le Concert est lui-même juif d’origine roumaine et a grandi avec un père communiste. Il sait de quoi il parle
lorsqu’il est question d’évoquer ses souvenirs à propos du régime. Surtout, il sait que de tomber dans le pathétique lorsqu’il est question d’écrire sur ces sujets sied plus à d’autres
cinéastes qu’à lui.
Possiblement, certains spectateurs auront parfois le regard dubitatif pour certaines scènes dont l’humour peut paraître un peu cliché. Les commentaires qui suivent ne veulent
nullement dissuader le spectateur d’aller voir le film mais, disons que l’humour autour des juifs, des gitans, du communisme, on a tous déjà vu ça quelque part et le caractère
caricatural et les préjugés portés sur les peuples d’Europe de l’Est peuvent paraître un peu faciles pour un public de l’Ouest. Le film exploite donc un peu le filon, mais encore une fois,
pour un large public, et ça rend le film sympathique.
Le cinéaste Radu Mihaileanu n’a pas non plus cherché à faire dans la finesse pour ce qui est du style développé, ce qui est assez classique. Il a surtout visé l’efficacité et la création de
moments forts en émotion. D'ailleurs, l’alternance entre les aspects dramatiques et les scènes plus humoristiques fonctionne très bien. La musique au centre du récit transporte le
spectateur tout le long du film pour nous amener en conclusion sur un climax très léché avec l’ultime concert.
Avec des thèmes comme l’imposture, l’humiliation, la filiation et une matière culturelle à cheval sur l’ex-rideau de fer, on sent que l’objet du film était de tendre à l’universalité et ainsi
insuffler un humanisme de bon aloi. Bref, c’est le film rassembleur de la saison.
Pourquoi Le concert au Ciné-club?
Radu Mihaileanu suggère une façon différente d’aborder la fin du soviétisme et des implications culturelles qui y sont reliées. Aussi, parce que son film Va, Vis et Deviens, présenté au Cinéclub il y a deux ans, a été très apprécié. Le concert est un peu le film-sourire de la saison. On ressort de la salle le coeur léger avec un large sourire.