Bertrand Tavernier est un drop-out qui étudiait le droit vers la fin des années 50. Il se lance dans la critique (celle qui critique les critiques de la Nouvelle-Vague…) puis dans des films à sketchs. En 1974 il est remarqué par un premier long-métrage, L’Horloger de Saint-Paul, adapté d’une nouvelle de Georges Simenon. Depuis, c’est un peu plus d’une vingtaine de films qui ont fait l’œuvre de ce cinéaste important, autant pour la France que pour la planète cinéma en général.
Des sujets humanistes, des hommages à des créateurs, une réflexion sur le cinéma et des thèmes sociaux bien en phase avec leur époque, sont souvent ce qui nourrit le cinéaste. La manière, elle, est très particulière pour une démarche d’auteur. Plutôt que de poursuivre une œuvre très cohérente et refermée sur elle-même, le cinéaste peut explorer le cinéma de genre ou s’attacher à différents sujets qui mettent en scène des gens ordinaires face à leur destin. Donc, un cinéma plus près du réalisme social. Les lieux et la culture aussi seront très éclectiques : États-Unis (Mississippi blues, Round midnight, Dans la brume électrique), l’Écosse (La mort en direct) la France, Lyon (sa ville natale), etc. Les époques : Moyen-Âge, première et deuxième guerre mondiale, plusieurs films très contemporains… Toujours ce souci de bien mettre en contexte et d’examiner l’état de l’humanité et l’inscrire dans un milieu précis. Bref, un touche-à-tout sensible qui, de film en film, s’est rarement trompé.
Pour sa dernière production, Dans la brume électrique, c’est la Louisiane qui aura captivé le regard du cinéaste. La culture, l’hommage à l’auteur James Lee Burke et à celui du cinéma, l’ancrage dans la réalité de cette partie du pays américain auront été ses matériaux. Bertrand Tavernier a choisi le polar noir cette fois-ci. Comme pour le reste de son oeuvre, on y retrouve la quête d'une justice.
Pourquoi Dans la brume électrique au Ciné-club?
Parce que c’est Tavernier.
Parce que c’est un rare film français tourné aux USA et c’est fait avec talent et intelligence.
Les bayous.
La poésie.
Le cinéma dans le film.